Mario Draghi est un tyran !

(© European Central Bank/Andreas Böttcher)

 

Le blogueur américain Matt Yglesias accuse Mario Draghi d’un coup de force massive, essentiellement sa mise eu place comme un tyran (quoique mineur) :

What the ECB is doing, in essence, is setting itself up as the shadow government of Italy, Spain, Portugal, and perhaps Ireland. If the governments of those countries do what Draghi wants, Draghi will provide them with generous subsidy. If the governments of those countries don’t do what Draghi wants, he’ll use a monetary laser to destroy their budgets. Fear will keep the peripheral states in line.

Je pense que Matt Yglesias est juste. Ce n’est pas à distance une fonction légitime d’une banque centrale. Absolument pas ! S’il ne peut imprimer de l’argent pour sauver ces pays et faire partie du mandat de la banque alors qu’il est obligé de le faire indépendamment du fait qu’ils se soumettent à lui politiquement. L’état actuel des choses, Draghi est en effet un tyran.

Pourquoi cette prise du pouvoir était accueillie par un bâillement collectif? Peut-être que nous avons tous encore à subir les effets des vacances. Mais peut-être aussi cela dépend du bœuf qui est encorné.  La plupart des élites européennes sont largement d’accord avec les choses Draghi exige des PIIGS en ​​échange de son soutien et ne lui demande pas de réformes de toute nature provenant, par exemple, de l’Allemagne.

Mais cela ne tient pas plus la question, plus essentielle de savoir si les institutions de l’Union européenne doivent fonctionner comme des institutions politiquement neutres, en respectant le choix démocratique qui est arrivé à des pays membres ou si elles peuvent anti-démocratiquement imposer les choix personnels politiques des dirigeants de ces institutions sur les peuples d’Europe. En bref, si les chefs d’institutions comme la BCE sont les serviteurs du peuple ou de leurs maîtres. Cela devrait être un souci pour tout le monde qui s’inquiète de la démocratie, peu importe si une action donnée par une institution comme la BCE est favorable à leur propre agenda politique ou non.

Si l’on ne le pense pas, il faut considérer une petite « expérience de pensée ». Disons que Hollande décide d’utiliser tous les bits de l’influence et de la puissance que la France domine encore d’avoir Jean-Luc Mélenchon remplacer Mario Draghi à la tête de la BCE. Toutes les nations de la zone euro devraient alors adopter les solutions radicales de Mélenchon et de renoncer à l’idéologie du néolibéralisme ou il pourrait déstabiliser leur économie. Alors écoutons ce que les eurocrates et les élites confortables pensent que l’indépendance de la banque centrale signifie que les banques centrales peuvent exiger la soumission à leurs préférences personnelles politiques que le prix d’avoir une banque centrale efficace.

Et pourtant, une fois encore, nous voyons qu’il sera nécessaire de choisir entre la démocratie ou l’euro. Malheureusement, les élites semblent être le choix pour sauver l’euro. Et si les gens ne font pas bientôt entendre leur voix pour la démocratie, il sera trop tard et tout ce que  l’Europe a acquis depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale serra perdues.

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