Quelques pensées sur la solidarité et le film « en guerre »

«Un pour tous, tous pour un»

Alexandre Dumas, Les Trois Mousquetaires

L’autre soir, j’ai eu le plaisir de regarder une projection du film « En Guerre », en collaboration avec l’« >AFDELA, puis une discussion avec M. Stéphane Brizé, animée par Mme Nadine Juton. C’était un film remarquable, vraiment excellent à tous points de vue. C’est un regard noir sur les relations de travail, en particulier en France. Il se situe dans ce que je crois être une petite ville au sud-ouest de la France.

Vincent Lindon (la star de Measure Of A Man, pour lequel il a remporté le prix du meilleur acteur au Festival de Cannes 2015), joue Laurent Amédéo, le meneur de la grève des 1 100 salariées dans une usine où la direction (aux ordres de la multinationale allemande qui possède l’usine) après avoir obtenu des subventions du gouvernement et les concessions importantes des travailleurs, décide qu’il est plus rentable de fermer cette usine et de transférer la production dans une usine roumaine où les salaires seront encore plus bas. (En outre, j’ai été choqué d’apprendre qu’il n’y avait qu’un seul acteur professionnel dans le film. Toutes les performances étaient excellentes. Parfois, le film semblait presque être un documentaire).

Le film commence avec un rappel que « Celui qui se bat peut perdre; celui qui ne se bat pas a déjà perdu ». Et pourtant, même si je ne veux pas gâcher l’intrigue du film, je me souviens également du proverbe français, souvent attribué au comte de Bussy-Rabutin « la providence est toujours du côté des grands bataillons ». Ce qui, je dois dire honnêtement, présage de tout faire dans le film. Mais pour les besoins de notre propos aujourd’hui, je dirai simplement que la société suit une stratégie de division et de conquête. Et c’est sur les implications de cette stratégie que je voudrais commenter brièvement aujourd’hui.

Comme je l’ai mentionné, il y a eu une excellente discussion après le film avec M. Brizé, animée par Nadine Juton de la AFDELA. Et au cours de cette discussion, M. Brizé a présenté un point critique dans lequel il a exposé certaines des grèves réelles qui ont inspiré son film. La situation dans son ensemble était une tragédie, mais je crois que M. Brizé a évoqué le problème lorsqu’il a parlé de « solidarité ». Ça, comme M. Brizé l’annoté, c’est la cause de la faible position des salariés dans la négociation et, en fin de compte, leur chute.

La solidarité entre les syndicats aurait fait toute la différence dans le monde.  Si tous les syndicats en France et en Allemagne avaient travaillé ensemble, leurs ressources combinées auraient largement dépassé celles de l’entreprise allemande et les employés ne seraient pas soumis à une telle pression économique. La similarité, parmi tous les syndicats en France, avait fait pression sur le président (qui, je suppose, était François Hollande), ils auraient pu obtenir quelque chose. Et, le président étant plus fermement attaché à leur cause, la réponse au refus du patron de la société allemande aurait pu et aurait dû de forcer le gouvernement à « couper sa tête ». En cas de succès, les négociations avec son successeur seraient sans doute plus productives.

Même avec une seule usine, il y avait évidemment plusieurs syndicats. Et le manque de solidarité a facilité la division et la victoire du groupe allemand. Tous les syndicats en France, s’ils travaillaient ensemble, rassemblaient leurs ressources, allégeraient le fardeau financier qui a créé la pression, ce qui a divisé les travailleurs.  Mais sans cette solidarité, les ouvriers de l’usine sont comme une poignée de paysans confrontant le roi avec rien d’autre que leur fourche. Ils sont voués à l’échec.

Mais il est fou de penser qu’un travailleur, avec des ressources limitées et des moyens financiers limités à la banque, pourrait survivre longtemps. Et pourtant, les syndicats nationaux les ont laissés se débrouiller seuls.

Chacun de ces travailleurs ne parlait que pour lui-même et n’avait donc aucun pouvoir, même contre les politiciens qui étaient nominalement leurs alliés.

Je pense que si le patron allemand était sous la pression de son gouvernement et si le gouvernement français mettait le prix des actions sous pression, sa perspective serait différente, sachant qu’il pourrait personnellement perdre. Et si les syndicats réussissaient à le scalper, la tendance à la globalisation pourrait être considérablement ralentie.

Comme M. Brizé a commencé son film par une citation, je vais en terminer avec une citation. Les syndicats et les travailleurs du monde entier doivent tenir compte de dicton de Benjamin Franklin : « nous devons pendre ensemble ou sûrement nous pendrons séparément ». (En anglais, où le jeu de mots fonctionne mieux: « We must, indeed, all hang together or, most assuredly, we shall all hang separately).

 

 

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